En scène à BioVision

Cemil à l'écran

Cemil Giray Alyanak, président de mondofragilis group, en maître de cérémonie de la prestigieuse session "Cities and Climate Change " organisée ce lundi 9 mars 2009 à l'occasion du Forum Mondial des Sciences de la Vie. Une marque de confiance accordée au fondateur de mondofragilis group, maître d'oeuvre du partenariat stratégique entre mondofragilis network et BioVision.

Débattre de l’impact du changement climatique avec trois des principaux experts mondiaux en la matière dont Rajendra Pachauri, président du GIEC et lauréat du Prix Nobel de la Paix en 2007. Tel est le privilège accordé à Cemil Giray Alyanak, président et fondateur de mondofragilis group, par la Fondation Scientifique de Lyon, le partenaire de mondofragilis network dans le cadre de BioVision 2009.

En rassemblant à BioVision le gratin de la scène scientifique internationale, la mission que s’est fixée la Fondation Scientifique de Lyon est d’engager le débat autour de la contribution des Sciences de la Vie à la résolution des grandes problématiques de développement. Or s’il est une de ces problématiques dont les impacts seront globaux et qui ne peut faire l’économie d’un engagement général, c’est bien le changement climatique. C’est en substance par ces mots que Cemil Giray Alyanak , président et fondateur de mondofragilis group, a initié le débat “Cities and Climate Change ” en sa qualité de modérateur. Sur scène, à ses côtés :

  • Jean-François Bach , Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, France
  • Claude Lorius , Glaciologue, Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement, France
  • Rajendra Kumar Pachauri , Président du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat (IPCC-GIEC), dont les travaux furent couronnés en 2007 par le Prix Nobel de la Paix

À travers ces quelques lignes, vous retrouverez les moments forts et les grandes leçons de la session “Cities and Climate Change ” qui, de l’avis de nombreux participants, s’est révélée passionnante et riche en éclairements.

Les villes concentreront à l’avenir la grande majorité de la population mondiale. Elles s’imposent donc comme le premier terrain de lutte contre le réchauffement climatique. De l’avis de tous les membres du panel, il est indiscutable que le modèle de développement qui a prévalu depuis la levée de la révolution industrielle est la cause du réchauffement climatique global. Basé sur une consommation effrenée des ressources naturelles, en particulier des énergies fossiles, synonyme d’une production exponentielle de biens en tout genre et de gaz à effet de serre, ce modèle économique, moteur du développement croissant des grands centres urbains, a engendré une augmentation de la température moyenne de 0,7 degré celsius. Soit l’équivalent du réchauffement naturel de notre planète ces 12.000 dernières années.

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Plus que les maladies infectieuses, ce qui m’inquiète ce sont les accidents climatiques inattendus.

Jean-François Bach - Académie des Sciences

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Cette élévation de la température moyenne de notre planète n’est pas anodine. Elle se matérialise déjà, et se matérialisera davantage encore à l’avenir, sous la forme de précipitations accrues, d'inondations, de cyclones, de vagues de chaleur... Les villes les plus touchées seront celles situées au niveau des mers, particulièrement en périphérie de la Méditerranée et en Asie, précisément là où les densités de population atteignent des sommets. Les conséquences du réchauffement global seront également médicales. Les premiers touchés seront bien entendu les pays socio-économiquement moins bien lotis, mais Nord et Sud feront les frais de ce dérèglement climatique. Les pathologies chroniques pèseront davantage sur les pays du Nord, tandis que les maladies infectieuses trouveront au Sud un terrain plus propice à leur développement.

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Les glaces polaires sont les gardiennes de notre futur.

Claude Lorius - LGGE

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Lorius

Pour autant, nos connaissances sur la tendance actuelle au réchauffement de notre planète restent incomplètes. Et de l’avis de tous les intervenants, il importe, pour mieux le comprendre, d’accorder plus de moyens à la recherche fondamentale. Ce sont précisément des explorations menées il y a 20 ans en Antarctique, notamment par Claude Lorius, qui ont permis d’établir le lien entre la présence croissante de gaz à effet de serre dans notre atmosphère et son réchauffement. Les régions polaires, gardiennes de l’histoire climatique de notre planète, doivent être l’objet et le terrain d’études de la recherche climatique.

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Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.

Notre planète peut satisfaire tous les besoins des humains, mais pas leur cupidité.

Gandhi, cité par Rajendra Pachauri - GIEC

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Rajendra Pachauri

The Cities and Climate Change debate including, among others, Nobel Peace Prize winner Rajendra Pachauri; the debate was moderated by mondofragilis group president and otjiwarongo managing director Cemil Giray Alyanak.

Toutefois, si c’est incontestablement en se plongeant dans la science et la recherche que l’humanité a une chance de contrer le réchauffement climatique, force est de constater que la connaissance seule du phénomène ne permettra pas de l’arrêter. Les prévisions alarmistes se succèdent. Les derniers chiffres présentés par le GIEC font état d’une augmentation de 70% de la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère depuis les années 70. Or, les efforts entrepris jusqu’ici ne sont ni de nature, ni de taille à inverser cette tendance. Rajendra Pachauri de mettre l’assemblé en garde : “Nous avons jusqu’en 2015 pour gagner la bataille et minimiser les risques liés au changement climatique. Si nous n’y parvenions pas, l’augmentation du niveau des mers se révélerait catastrophique, de un à plusieurs mètres, tout particulièrement si les glaces venaient à fondre plus rapidement qu’escompté! ” Un message alarmiste mêlé à la sérénité affichée par Mr. Pachaudri qui, citant par deux fois le Mahatma Gandhi, n’a pas manqué d’insister sur sa foi en l’humanité et en sa capacité de faire les choix qui s’imposent. Des exhortations qui n’ont pourtant pas ébranlé le pessimisme de Claude Lorius.

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L’entrée en vigueur d’une taxe carbone sur les produits de consommation s’impose pour que les consommateurs et l’industrie se tournent dès que possible vers des biens et des services moins impactants!

Cemil Giray Alyanak - mondofragilis group

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Le moment venu d’évoquer, à l’invitation du modérateur, les dispositions à prendre face à la crise silencieuse qui se prépare, les intervenants du débat sont parvenus à la conclusion que la préparation, l’aménagement d’infrastructures adéquates et l’information seront des facteurs clés dans la gestion des impacts d’un réchauffement climatique modéré. Et ce, tout en s’accordant sur le fait que ces mesures seules ne permettront pas de contenir les menaces liées aux épisodes climatiques sans précédent et difficilement prévisibles que le réchauffement climatique va engendrer. De l’avis de tous, c’est en particulier dans les villes, source de 80% des émissions incriminées, que l’effort doit être porté ; faire en sorte que les citadins du monde entier adoptent de nouveaux modes de vie est désormais un impératif. Pour ce faire, l’engagement des décideurs publiques, du niveau local au secteur multilatéral, est incontournable. Les trois membres du panel ont ainsi invité tous les représentants politiques présents et leurs paires à favoriser l’implantation de modèles de consommation alternatifs.

Au final, c’est notre manière même d’envisager le progrès et le développement qui doit être remise en question. Dans la mesure où des indicateurs comme le PIB n’intègrent pas les facteurs environnementaux ou de qualité de vie, ils sont, au vu de la crise climatique, obsolètes. Partant de ce constat, Rajendra Pachauri conclut en invitant les gouvernements du monde entier à saisir l’opportunité de la crise économique et des plans de secours, qui cumulés atteignent aujourd’hui un total de 2.700 milliards de dollars, pour adapter l’économie mondiale à la contrainte climatique. Pour le président du GIEC, cet effort doit avant tout être celui des pays développés et devra se concentrer sur l’éducation des plus jeunes, des investissements considérables dans les transports publics et le développement de modes d’habitat plus durables.

Claude Lorius de conclure, sur les mots de Cemil Giray Alyanak, “Do it, yes... But do it quickly!

Comments

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Pas évident de modérer des séances en compagnie de prix Nobel.

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Évoquer le réchauffement climatique, c’est parler de nous tous. Pensez à vos vies respectives en tant que citadins, pensez à notre responsabilité à tous.

Cemil Giray Alyanak - mondofragilis group

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